Peau de daim, une comédie assez surréaliste

Jean Dujardin (The Artist, The Monuments Men) donne un tour inspiré comme un homme qui devient obsédé par une veste en daim vintage dans le nouveau film de l’écrivain français / réalisateur Quentin Dupieux. Il  est brillamment bien réalisé et offre un scénario assez surprenant.

Dupieux, qui a connu un énorme succès international dans son incarnation précédente en tant que DJ / producteur Mr Oizo, célèbre pour son hit Flat Beat de 1999, n’est pas étranger au monde étrange et merveilleux de la représentation fétichiste à l’écran. Son film Rubber de 2010 racontait l’histoire d’un pneu de voiture qui prend vie et tue des gens avec ses pouvoirs psychiques.

Une histoire riche en émotion

Arrivé dans un village reculé, George (Dujardin) paie une petite fortune en échange de ce qui ressemble à une veste en daim d’occasion anodine. Bientôt, George et la veste forment un lien incassable alors qu’il devient complètement fasciné par le vêtement, le conduisant à un comportement de plus en plus erratique.

Voici le résumé de ce film :

Désormais sans sou, George trouve une alliée improbable en la serveuse et aspirante monteuse de films Denise (Adèle Haenel, vedette de Portrait of a Lady on Fire dans un rôle comique rare) qu’il parvient à convaincre qu’il est un réalisateur de grande envergure. Désespéré pour une pause, Denise accepte de l’aider à monter son film, mais au lieu de la payer, il exige qu’elle finance le projet pour lui.

Une comédie très hilarante

Dupieux présente une comédie noire hilarante qui refuse de tirer le moindre coup dans sa représentation de la masculinité toxique. Parfois, il y a presque un léger soupçon que la blague est, en fait, sur nous, le public pour accommoder une prémisse aussi absurde.

Sur le plan thématique, il y a des nuances de Peter Strickland dans la façon dont Dupieux fétichise les objets et les vêtements pour faire un commentaire plus large sur les questions de genre. Bien que visuellement, le film présente une qualité lo-fi qui lui donne un air de mystère et d’intrigue tout au long.

Une belle performance pour Dujardin

Dujardin brille dans un rôle qui est loin de ses grands débuts hollywoodiens dans The Artist. Il dépeint George comme un homme avec très peu de scrupules ou même de morale. Il est possédé par son amour pour une chose et une seule, un désir de nourrir sa propre obsession.

À 1h 17min, Deerskin veille à ne pas dépasser son accueil, et curieusement, c’est ce qui le rend extrêmement regardable. Dupieux nous a donné une comédie absurde pointue et complexe qui en vaut la peine ; le battage médiatique qui l’entoure.

Anna T.

Le cinéma est pour moi l'art le plus subtile parmi tous. J'ai tenté une carrière plus jeune et j'ai foulé les planches mais sans succès. Mais mon amour pour la scène, la réalisation n'ont pas diminué. J'essaie de vous transmettre un peu de ma passion par l'intermédiaire de mes billets.

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