West Side Story, un remake original à découvrir

Présentée quelques jours après la mort de Stephen Sondheim, l’adaptation par Steven Spielberg de la comédie musicale bien-aimée West Side Story ressemble à un hommage opportun et approprié au légendaire maître de Broadway qui a écrit les paroles de la production originale de 1961. 

Adaptée par Tony Kushner (Munich, Lincoln) de la pièce de théâtre d’Arthur Laurents en 1961, cette nouvelle incarnation met en vedette la star du Chardonneret Ansel Elgort, la nouvelle venue Rachel Zegler et un autre tour digne d’un Oscar grâce à la doyenne de Broadway Rita Moreno qui a également joué dans la production originale.

Des changements majeurs pour apporter une touche de modernité

Cette tournure moderne de la tragédie shakespearienne de Roméo et Juliette nécessite très peu d’introduction. L’histoire tourne autour de deux groupes de gangs de rue qui se battent dans les rues de l’Upper West Side à New York dans les années 1950. Les Jets, un gang blanc dirigé par Riff (Mike Faist, brillant), se battent avec les Sharks, un groupe d’immigrants portoricains dirigé par Bernardo (David Alvarez) pour savoir à qui appartiennent réellement les rues.

Voici la bande-annonce de ce film en anglais :

Les choses prennent une tournure tragique lorsque Tony (Elgort), un ancien membre des Jets tombe éperdument guéri avec Maria (Zegler), la sœur cadette de Bernardo. Alors que les amants décident de garder leur relation secrète, une bagarre nocturne entre les gangs rivaux aboutit à la mort prématurée de deux membres du gang. Pendant ce temps, Rita Moreno est la sage propriétaire d’une épicerie portoricaine mariée à un homme blanc, qui fait de son mieux pour répandre la paix entre les factions belligérantes.

Une comédie musicale très originale

Spielberg l’a bel et bien fait sortir du parc avec cette comédie musicale ingénieuse et magnifiquement interprétée. En ajoutant quelques touches modernes à cette histoire d’amour classique, il nous a offert une production visuellement époustouflante qui rend plus que justice aux numéros intemporels de Leonard Bernstein et à la chorégraphie saisissante de Jerome Robbins.

Il faut donner des accessoires à celui qui a eu l’idée vraiment géniale de renoncer aux sous-titres anglais pour le dialogue espagnol qui constitue près de la moitié du film, prouvant une fois de plus que Spielberg est toujours en avance et avec son doigt fermement sur le pouls de changer les perceptions socio-politiques.

C’est une adaptation qui connaît sa place dans le monde et exactement ce qu’on en attend. Bien que les chiffres soient incontestablement familiers, le film de Spielberg a un ton résolument multiculturel sensible. De plus, le légendaire scénariste/ réalisateur doit être félicité pour avoir injecté un peu de réalisme avec une distribution inspirée.

Des acteurs exceptionnels

Elgort donne une performance robuste en tant que Tony à la voix douce tandis que Zegler fait des débuts vraiment impressionnants en tant que Maria. C’est cependant Mike Faist dans le rôle de Riff qui impressionne le plus avec une performance époustouflante et accomplie dans un rôle qu’il s’est bel et bien fait sien. Ailleurs, la star de Hamilton, Ariana DeBose, réalise le meilleur tour de sa carrière en tant qu’Anita, un rôle pour lequel Moreno a remporté un Oscar.

Il a peut-être fallu neuf années entières à Spielberg et à son équipe de production pour lancer ce projet, mais il est juste de dire que cela valait plus que la peine d’attendre. Il s’agit d’un film vivant, bien joué et, plus important encore, d’une production véritablement inclusive. Simplement renversant.

Anna T.

Le cinéma est pour moi l'art le plus subtile parmi tous. J'ai tenté une carrière plus jeune et j'ai foulé les planches mais sans succès. Mais mon amour pour la scène, la réalisation n'ont pas diminué. J'essaie de vous transmettre un peu de ma passion par l'intermédiaire de mes billets.

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